Sous la douche, je tirais sur les poils de mon sexe...
Un moment d'angoisse terrible: elle avait dit que ce seraient les premiers à tomber, la coiffeuse. Tant qu'ils seraient là, je serais sauvée, du moins, capillairement parlant.
Puis j'oubliais tout ça, les cheveux, la beauté, et mon image devenait pastel, les couleurs de mon visage se perdaient dans les longues tentacules translucides des pieuvres de plastique qui m'entouraient. Surtout, oublier ce qui circulait en leurs bras et dormir pour fuir les attaques perfides de la nausée.

Les poils de mon sexe ont fini par tomber, mais jamais sous la douche, comme une marque de respect.

Aujourd'hui encore, je me souviens de la prothèse capillaire que j'avais choisie. J'étais avec lui ce jour là, lui qui voulait me quitter. Mais gentleman, il était prêt à attendre que je m'en sorte pour s'en sortir de moi.

Là où d'autres s'arment de toute leur séduction, je m'armais de courage pour vivre ce moment qui m'a semblé dramatiquement ridicule...